Nostalgie .2.
NOSTALGIE 2
Elle était assise, seule, sous son bosquet
préféré… elle pensait à lui, elle pensait à sa vie… elle était
nostalgique !.
Son café refroidissait devant elle… le livre
qu’elle lisait, gisait par terre… elle était loin, très loin, absorbée par ses
pensées… elle n’écoutait même pas les oiseaux venant chanter sur son
arbre !
L’amour en quoi elle croyait si intensément,
qu’elle défendait avec acharnement, était il une illusion, un grand
mensonge ?
S’était elle trompée sur ses sentiments, ses
convictions ? Vivait elle dans une grande illusion ?
Elle était troublée, partagée entre des
sentiments différents ; vide, frustration, tristesse…
Sa vie se déroulait devant elle en scènes de
déception, d’amertume…
Elle ne voyait même pas son fils, qui venait vers
elle, lui parler.. il regardait sa mère, ses grands yeux noirs brillants où
passaient les ombres de ses pensées…il s’approchait pour l’embrasser et elle le
gratifia de son plus beau et tendre sourire… lui et ses sœurs étaient sa raison
d’être, la joie de sa vie, son bonheur..
Elle revenait à ses pensées… elle revoyait ses
espoirs bafoués, ses convictions mises à rude épreuve..
Elle était devant un croisement de chemins et
elle devait choisir…
Mais avait elle seulement le droit de
choisir ?
Elle se savait liée, liée à son passé, à sa mode
de vie, à sa famille… elle était prisonnière de ses principes, de sa morale et
jamais elle ne pourrait enfreindre aux règles de sa petite société !...
Elle commençait à réagir… elle reprenait
conscience de tout ce qui l’entourait… les oiseaux qui chantaient, son jardin
qui embaumait et son café qui refroidissait et devenait imbuvable..
C’était bien sa réalité à elle tout cela et elle
devait préserver cette vie pour ses enfants… elle se sacrifiait pour sa famille
comme l’était toujours le devoir d’une bonne épouse, d’une bonne mère…
Ses sentiments à elle, elle devait les enfouir dans les profondeurs de son âme… elle devait
les oublier..
Mais il y avait cette voix qui grandissait sans
cesse, qui devenait insupportable, déchirante ! Pourquoi ?
Un pourquoi qui ne cesse de grandir, de se
sentir…
Elle se leva machinalement, se dirigea vers sa
chambre à coucher.. Là, devant la glace, elle resta debout à regarder cette
femme comme si elle se voyait pour la première fois…elle s’assoyait sur le bord
de son grand lit froid et vide et prenait
son visage entre ses mains… elle pleura son saoul… ses larmes coulaient
en flot qu’elle ne pouvait pas retenir…
elle resta un long moment à pleurer…
Lorsqu’elle sortait de la chambre, elle était
égale à elle-même, la femme souriante, douce, chaleureuse, la femme que tout le
monde connaissait.
Elle venait d’enterrer et pleurer sa moitié, son
moi caché… elle redevenait la femme forte, responsable, la bonne mère, la bonne
épouse !

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